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Entre littérature et storytelling : jeux et enjeux de l’expérience de lecture.
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Informations
Responsable(s) : Danielle Perrot-Corpet - Sorbonne Université, CRLC, Paris, France

Date et lieu : Vendredi 14 novembre 2014 - Université Sorbonne, salle des Actes, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris, France


Réalisation et mise en ligne : Neli DOBREVA (ESCoM-AAR, FMSH, Paris, France), Elisabeth de PABLO (ESCoM-AAR,FMSH, Paris, France), Philippe PICAVET (Service audiovisuel de la Sorbonne, Paris, France)


Langue(s) : Français Français


ACCÈS AUX VIDÉOS

Présentation
Cet après-midi d'études s'inscrit dans la continuité du projet Storytelling coordonné par Danielle Perrot-Corpet, CRLC, Sorbonne Université.

Description du projet Storytelling

Ce programme de recherche se rattache à l’Axe 1 « Observation de la valeur et de la vie littéraires » de l’OBVIL et à l’Axe 3 « Partage et confrontation des usages et des représentations » du programme quinquennal (2013-2018) du CRLC.

Le « storytelling management » a été bien étudié ces dernières années dans les départements universitaires de communication ou de narratologie, mais sans attention particulière aux enjeux politiques et philosophiques d’une telle pratique. Ces enjeux sont pourtant relevés sur un mode très critique par nombre d’artistes, écrivains ou cinéastes, qui revendiquent la valeur de lutte démocratique qu’ils attachent à leur pratique de la fiction littéraire, dans un contexte d’oppression (idéologique, sinon politique).

Par ailleurs, le lien entre la « fiction littéraire » et l’ethos démocratique a été étudié dernièrement (par G. Deleuze, J. Derrida, J. Rancière, J.-L. Nancy…). Mais l’exploration méthodique de cette confrontation formelle et axiologique entre « communication narrative » (à visée commerciale, politique, gestionnaire…) et usages littéraires de la fiction reste à faire.

La réflexion réunira des chercheurs dans les diverses branches des sciences humaines, de 2014 à 2016, autour d’un séminaire de recherches enrichi de rencontres avec des écrivains, de journées d’études et de deux colloques internationaux. Cette recherche interdisciplinaire permettra d’expliciter certains critères de définition et de valorisation de la « fiction littéraire » face aux nouveaux usages stratégiques du récit.

Equipe du projet

Membres titulaires du CRLC : Danielle PERROT-CORPET (porteur du projet), Judith SARFATI-LANTER

Membre de l’OBVIL : Alexandre GEFEN (Paris-Sorbonne/CNRS)
Doctorants et docteurs du CRLC : Simona CARRETTA, Chloé CHAUDET, Marion LABOUREY, Aurore PEYROLES

Membres extérieurs à Paris-Sorbonne :

France: Rémi ASTRUC (Cergy-Pontoise), Alice BÉJA (Revue Esprit), Emmanuel BOUJU (Rennes 2/Harvard), Neli DOBREVA (FMSH), Marielle MACÉ (CNRS-EHESS), Vincent MESSAGE (Paris 8), Clélie MILLNER (ICP), Christian SALMON, (CNRS/EHESS), Gisèle SAPIRO (CNRS/EHESS), Marie-Jeanne ZENETTI (Lyon 2)

Etranger: Wolfgang ASHOLT (Osnabrück), Audrey CAMUS (Ottawa), Monika FLÜDERNIK (Freiburg), Sonya FLOREY (HEP de Vaud, Lausanne), Erika FÜLÖP (Hambourg), Joseph JURT (Freiburg)

Résumés des interventions

Marielle MACÉ (Paris, CRAL, CNRS-EHESS) : « Agences de storytelling, bureaux de style : sur la confiscation des formes »

Je souhaite accompagner la juste colère avec laquelle Christian Salmon a mis en lumière les forces de coercition des dispositifs de storytelling, en m’interrogeant sur des espaces proches de ceux qu’il a observés. Il existe aujourd’hui des « bureaux de style », auxquels les marques font appel à la fois pour consolider leur « signature » et pour savoir ce que seront les tendances à venir (vêtements, couleurs, « lifestyles », sont en effet prescrits à échéance « de 18 à 24 mois »), dans un dispositif qui facilite à la fois un désir de singularisation et un mouvement de normativité. Je crois que ces bureaux sont à la question du style ce que les agences de storytelling sont à celle du récit : un risque de confiscation des formes, de confiscation de la question du « comment », de confiscation de la quête de modes d’être qui anime nos vies. Je ne dis pas formatage, ou unification, ou médiocrité, car il y a souvent ici beaucoup de sophistication et de valeur esthétique ; mais, plus en amont : confiscation de la tâche même de penser les formes que peuvent prendre les vies, et des valeurs qu’elles y engagent.

Sonya FLOREY (Lausanne, HEP Vaud): « Lorsque la littérature raconte l’économie néolibérale : le cas de Jean-Charles Massera »

United problems of coût de la main-d’œuvre (2002) et A cauchemar is born (2007) sont deux textes littéraires emblématiques de l’œuvre de Jean-Charles Massera : « travaillés » par une composante économique, ils mettent tous deux en scène un monde où le néolibéralisme conditionne les situations professionnelles, les individus, l’existence. Autrement dit, ils sont traversés par ce que le philosophe Dany-Robert Dufour nomme le « récit de la faillite des métarécits », par un récit néolibéral qui occuperait la place laissée vacante par les métarécits définis par Jean-François Lyotard. En 2013, à l’issue d’un colloque consacré au discours de l’économie (Colloque interdisciplinaire, « Discours du management, du travail, de l’économie : représentation/fiction », Université de Strasbourg, 5-6-7 juin 2013), Massera annonce qu’il n’est plus sûr d’écrire encore des livres. Pourtant, il n’envisage pas de cesser tout projet littéraire. Qu’est-ce à dire ? Pour comprendre cette affirmation au-delà du coup médiatique d’un « auteur bientôt sans livre » ou de l’expression d’une forme de lassitude, il faut la replacer dans la perspective d’une production artistique au sens large, constituée chez Massera de pièces radiophoniques, de vidéos, d’images-textes ou d’affichages dans l’espace public. Le récit néolibéral présente ici un mimétisme plus achevé encore, conjuguant des éléments de contenu, de forme et d’espace. Nous analyserons ce jeu d’homologie entre le texte littéraire et un certain discours social à l’aide de la notion de storytelling, l’art de raconter des histoires et de formater les esprits, selon Christian Salmon.

Raphaël BARONI (Université de Lausanne) : « Qui a peur du grand méchant loup ? Storytelling littéraire et journalistique, les enjeux éthiques d’une différence »

Je partirai du constat que les usages récents de l’art de raconter des histoires dans la sphère sociale engendrent une peur résumée par la formule de Christian Salmon : le storytelling serait « une machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ». En me basant sur des approches narratologiques récentes, nous verrons que la plupart des arguments qui sous-tendent ces critiques peuvent être réfutés, alors que peuvent être formulés d’autres critères éthiques plus pertinents, notamment au niveau de la circulation des discours dans les sociétés démocratiques contemporaines. Pour illustrer mon propos, je m’appuierai sur l’analyse de différents genres de textes, en me penchant notamment sur les problèmes éthiques inhérents au journalisme narratif.

Guiomar HAUTCŒUR (Université Paris-Diderot) : « Le storytelling et les dangers de l'"immersion" »

Nous commencerons par envisager l'hostilité suscitée par le storytelling en interrogeant l'expérience "immersive" qu'il a pour but de susciter. Nous essaierons ensuite de voir comment un certain type de littérature ancrée dans le storytelling (fictions fondées sur des faits divers médiatisés) joue de et se joue de l'expérience immersive pour en questionner les enjeux.








Dernière mise à jour le 29/06/2016
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