L’Association France-Union Indienne, les Editions Gallimard et l’Université Columbia à Paris ont le plaisir de vous inviter à une rencontre-débat avec projection de film et lecture de textes autour de :
Lyne Bansat-Boudon
Directeur d’études, Ecole pratique des hautes études
à l’occasion de la parution dans la collection la Pléiade du volume
Théâtre dans l’Inde ancienne
le jeudi 27 avril 2006 à 18h00
au Reid Hall , 4 rue de Chevreuse, 75006 Paris
Avec
Bernard Sobel, fondateur et directeur du théâtre de Gennevilliers
Pierre Legendre , directeur d’études honoraire, Ecole Pratique des Hautes Etudes
Michel Hulin , professeur émérite de philosophie indienne et comparée
Cette rencontre sera suivie d’un cocktail.
Aux origines du théâtre : le désordre ; celui qu’ont progressivement installé la lente désagrégation du savoir, l’oubli des règles, la corruption des sacrifices. Les dieux tentent d’y remédier en créant un nouvel objet, capable d’instruire par le biais du plaisir. Ils demandent à Brahmâ de créer un « objet de jeu à voir et à entendre », destiné à l’édification d’une humanité dégradée et dissolue. Ainsi naît le théâtre, que les dieux, séduits, font d’abord mine de se réserver. Associant tous les arts de la scène — jeu, danse, chant, musique — le théâtre de l’Inde ancienne est un spectacle total. Il s’apparente à l’opéra occidental, mais n’en demeure pas moins profondément singulier. Nombre de traits en fondent la magnifique altérité, à commencer par l’existence d’un Traité du théâtre, très ancien, et par la double scansion qu’impriment au texte dramatique l’alternance de la prose et des vers, d’une part, celle des langues, sanskrit et prakrits, d’autre part. Son étrangeté a enflammé l’Occident. En 1789, William Jones, alors juge à la cour suprême de Calcutta, fait paraître la première traduction d’un drame indien, Shakuntalâ. L’Europe est émerveillée, l’engouement immédiat. C’est le début de la « Renaissance orientale ». L’enthousiasme ne retombera pas : de Schlegel à Apollinaire, en passant par Théophile Gautier et Camille Claudel, penseurs et artistes se plaisent à évoquer Shakuntalâ, modèle de l’héroïne. C’est ainsi que, pour l’Occident, la découverte de l’Inde tant désirée s’est d’abord confondue avec celle de son théâtre, considéré par la tradition indienne comme la forme la plus achevée de sa littérature. |